Photographe sur Paris et sa région - www.absurdephoton.fr

AbsurdePhoton > Beauté > Psychologie

Psychologie des seins

Thèmes : Attraction Attraction Beauté Beauté Chirurgie Chirurgie Femme Femme Image Image Poitrine Poitrine Psychologie Psychologie

Dans un article précédent, qui pourrait sembler un peu racoleur au premier abord (et qui est d’ailleurs très populaire), nous avons pu étudier l’aspect morphologique des seins : Poitrine et formes des seins des femmesPoitrine et formes des seins des femmes

Mais une étude serait incomplète si on ne faisait pas le tour de la question sous différents points de vue.

Racoleur, mon article ? - ©AbsurdePhoton ©AbsurdePhoton
Racoleur, mon article ?


Pourquoi les femmes attachent autant d’importance aux seins ?

Nous verrons qu’il y a une légère différence de perception entre les hommes et les femmes, et que celles-ci ne sont pas forcément impartiales. Quelles sont les conséquences ?

Nous nous intéressons donc à la « psychologie des seins », un titre qui peut interroger mais qui prend tout son sens, car...


■ Les seins c’est aussi dans la tête


● Représentation des seins au cours de l’Histoire

Comme souvent, il faut se pencher sur le passé pour bien comprendre le sujet. Les seuls témoignages persistants depuis la nuit des temps sont les représentation visuelles, avant même l’écriture.

Et qu’est-ce que cela nous apprend ? Que Les canons de beauté fémininsles canons de beauté féminins sont fluctuants, et donc que la perception des artistes l’est aussi. Mais dans les époques reculées, qui influençait l’autre ? Les artistes reproduisaient-ils ce qu’ils voyaient, ou étaient-ils influencés par les « modes » artistiques de leur époque ?

Là n’est pas le débat, mais nous pouvons tout de même constater plusieurs points :

  • La taille idéale des seins (et leur forme) varie dans les représentations du paléolithique à nos jours
  • Il n’y a pas d’absolu ! Par exemple : même si la plupart des représentations retrouvées datant de la préhistoire (peintures rupestres, sculptures) montrent des poitrines énormes, certaines autres comprennent des poitrines bien plus petites
Les Vénus de la préhistoire - Source : inconnue Source : inconnue
Les Vénus de la préhistoire
  • Les « modes » ne modifient pas la taille réelle des seins des femmes, juste leur perception et représentation


● Complexes des femmes par rapport à leur poitrine

Évidemment, plus les représentations des femmes sont diffusées, plus elles ont d’influence sur les femmes elles-mêmes. Les canons de beauté, même fluctuants, modifient la perception qu’ont les femmes de leur propre physique, qui ont tendance à se comparer non seulement aux normes, mais aussi aux autres.

Il y a aussi le regard des hommes, et le désir de leur plaire.

Les hommes vous regardent - Source : inconnue Source : inconnue
Les hommes vous regardent

Et cela donne des complexes ! Par rapport à une imagerie ou les regards masculins, une femme peut se dire qu’elle a une « petite » ou une « grosse » poitrine, mais tout est relatif.

Le sentiment positif, c’est d’être « mieux située ». Ainsi, au temps des grecs et romains, les statues et fresques montraient des femmes aux poitrines menues. Les romaines dépassant cette taille pouvaient donc considérer qu’elles avaient de la chance... comme cela devait être le cas pour la plupart des romaines et grecques d’ailleurs ! On pourrait compléter le propos en parlant de la taille des pénis sur les statues de cette époque, qui devaient aussi flatter l’égo masculin dans sa majorité, même si l’explication officielle est très éloignée.

Les statues grecques puis romaines n’avaient pas d’attributs sexuels trop prononcés - Source : inconnue Source : inconnue
Les statues grecques puis romaines n’avaient pas d’attributs sexuels trop prononcés

Le sentiment négatif, que l’on peut appeler « complexe », est se dire que l’on a « moins »... ou « trop » !

Une poitrine plus petite que la norme peut sembler un désavantage, ainsi qu’une trop grosse poitrine : pour l’apparence et la séduction, et donc la compétition entre femelles. Se comparer aux autres n’est pas forcément une conséquence des modes.

Une petite poitrine peut être mignonne aussi... - ©AbsurdePhoton ©AbsurdePhoton
Une petite poitrine peut être mignonne aussi...

Autre côté négatif : se comparer aux autres peut mener à un certain désarroi, car la représentation communément admise peut largement différer de la réalité, on peut s’en rendre compte simplement en regardant autour de soi. Cela peut créer un malaise supplémentaire chez certaines femmes.

Nous verrons plus loin que la représentation d’elles-mêmes par les femmes peut être biaisée.

Le côté neutre, c’est de s’en moquer : un écart entre les normes et soi-même n’empêche en rien d’être bien dans sa peau, de séduire les hommes et d’avoir une vie sexuelle épanouie... et d’éviter des conflits inutiles avec d’autres femmes. Et de mettre des jolies robes ou de beaux soutien-gorges...


● La réalité sur la taille de la poitrine des femmes

Un dessin vaut mieux que mille mots, voici donc la répartition de la taille de bonnet de soutien-gorge (et donc des seins) dans le monde.

Statistiques mondiales de taille de bonnet de soutien-gorge des femmes - Source : TargetMap Source : TargetMap
Statistiques mondiales de taille de bonnet de soutien-gorge des femmes

Notez que les françaises ont une moyenne de taille B+ / C. Mais attention, si vous allez voir sur internet il y a un piège : les dénominations de bonnets varient en fonction des pays ! Dans le reste de l’article je fais directement la traduction pour les françaises.

Alors, rassurée ou pas ?


■ Différence de perception de la poitrine entre hommes et femmes


● Commençons par les femmes

En 2017, Zava (site de téléconsultations médicales) a réalisé une enquête (lien en anglais) sur environ 2000 femmes et hommes. Ils ont demandé pour les femmes quel serait leur bonnet idéal. Leur réponse, relativement constante pour toute l’Europe, est une poitrine en phase avec la réalité : 60,4% d’entre elles considèrent le bonnet B+ / C comme la taille idéale.

Dans une autre étude par Wildman et Wildman (1976), quand on demande aux femmes quelle serait la taille désiréee par les hommes, le bonnet moyen dépassait moyennement le C !

Certaines femmes rêvent d’avoir une poitrine imposante - ©AbsurdePhoton ©AbsurdePhoton
Certaines femmes rêvent d’avoir une poitrine imposante


● Puis les hommes

Dans la première étude, 70% des hommes étaient « satisfaits » de la poitrine de leur partenaire. 53,6% des hommes choisissaient comme taille idéale le bonnet B+ / C, à peu près comme les femmes. Et 35% (plus d’un tiers !) à choisir le bonnet C+.

Dans la deuxième étude, les hommes indiquaient préférer une taille légèrement plus grande que la moyenne, mais la différence n’était pas si grande que cela.

Conclusion : ne présagez de rien mesdames, on vous aime (souvent) comme vous êtes, et on ne désire pas forcément ce que vous croyez !

J’ai dit : Source : inconnue - Montage : AbsurdePhoton
J’ai dit : "dans les yeux !"


● De manière plus générale

En 1976, Beck et ses collègues ont montré, avec des photos des mêmes femmes avec des variations de taille de bonnet, que ce sont les poitrines un peu plus fortes que la moyenne qui sont préférées des hommes - les femmes préférant les poitrines légèrement plus petites que la moyenne.

Une autre expérience (lien en anglais) en 1980 par par Kleinke et Staneski : des femmes ont été photographiées dans des poses classiques avec leur décolleté naturel, ou un peu de rembourrage pour leur faire gagner un bonnet ou deux.

On a ensuite demandé à des étudiants d’évaluer ces femmes avec un questionnaire contenant des choix entre des adjectifs opposés : soumise-dominatrice, pas modeste-modeste, dépendante-indépendante, etc. Ils devaient aussi dire s’ils souhaitaient rencontrer cette personne, si elle ferait une bonne épouse, leur échelle d’appréciation, si elle ferait une bonne mère ?

Le jugement a été plutôt unanime : les jeunes femmes avec une petite poitrine sont perçues, et c’est plutôt positif, comme plus compétentes, ambitieuses, morales, modestes que celles avec de plus grosses poitrines.

Ces dernières, mieux pourvues, sont d’ailleurs perçues négativement comme plus incompétentes, paresseuses, immorales et immodestes.

Une fausse échelle pour dénoncer les jugements hâtifs - Source : Terre des Femmes (traduit par AbsurdePhoton) Source : Terre des Femmes (traduit par AbsurdePhoton)
Une fausse échelle pour dénoncer les jugements hâtifs


Une autre expérience, française cette fois, par Nicolas Guéguen en 2007 montre le comportement des hommes au premier regard : il s’agit de la fameuse étude de l’auto-stoppeuse. Plusieurs jeunes femmes ont fait de l’auto-stop avec un dispositif permettant de « gonfler » littéralement leur tour de poitrine d’un ou deux bonnets. Les scientifiques ont compté le nombre d’arrêts de voitures, les temps de réaction, etc.

Taux d’arrêt en % :

  • Bonnet A : 14%
  • Bonnet B : 18%
  • Bonnet C : 23%

A 90 km/h, avec un temps de réaction d’une à deux secondes, les hommes sont plus enclins à s’arrêter pour une poitrine plus imposante. Pris en flagrant délit !

Autre expérience tirée de la même étude : une jeune femme attend à la terrasse d’un café ou regarde les gens danser dans une boîte de nuit. Les scientifiques ont compté dans un intervalle de temps donné, combien de fois les jeunes femmes se sont fait accoster (demander du feu, entamer une discussion, etc - tout dépend de la tactique adoptée par les mâles !)

Les résultats sont là aussi en faveur des femmes à grosse poitrine. A noter qu’à la terrasse d’un café une femme n’est pas forcément demandeuse, alors qu’en boîte de nuit il y a plus de chances que les deux sexes cherchent plus activement des partenaires.

Nombre d’accostages en % :

  • Bonnet A - Terrasse café : 0.71% - Discothèque : 4.16%
  • Bonnet B - Terrasse café : 1.23% - Discothèque : 6.11%
  • Bonnet C - Terrasse café : 2.12% - Discothèque : 14.23%


Et on se demande encore pourquoi certaines femmes veulent effectuer une opération de chirurgie esthétique ? Je comprends que certaines puissent ressentir de l’insatisfaction quand elles ont été dotées d’une petite poitrine par Dame Nature...

Si cela pouvait être aussi facile qu’un copier-coller ! - Source : inconnue Source : inconnue
Si cela pouvait être aussi facile qu’un copier-coller !


■ La chirurgie esthétique des seins


● Les avantages d’une poitrine refaite

Les femmes suffisamment complexées par la taille de leur poitrine (ou malformations, plus rares) auront tendance à envisager une chirurgie esthétique, même si cela coûte encore très cher.

D’autres voudront tout simplement séduire plus facilement, mais nous reviendrons sur ce point.

Lorsque l’opération est d’ordre plus thérapeutique, le principal avantage pour une femme est de « rentrer dans la norme ». Ce qui évidemment, par rebond, augmente l’estime de soi : le sentiment (véridique ou supposé) que l’on fait plus attention à elle, plus de propositions masculines, etc.

Tout est (re)calculé dans une chirurgie plastique - ©AbsurdePhoton ©AbsurdePhoton
Tout est (re)calculé dans une chirurgie plastique

Pour celles qui auront eu droit à une réduction mammaire : votre dos vous en remerciera, et vous risquez d’avoir moins de regards concupiscents vers votre poitrine (et plus vers vos yeux).


● Les désavantages d’une chirurgie des seins

Je ne peux m’empêcher de vous livrer une pensée toute personnelle. En premier lieu, et c’est pour moi le plus dérangeant : l’aspect « anormal » d’une poitrine refaite.

Avec mon œil d’homme et mon autre de photographe, je trouve que les seins refaits sont trop ronds, trop hauts, donc très peu naturels, y compris dans leur maintien - une femme allongée à la poitrine refaite se repère très facilement. Et il suffit d’une légère déviation pour que les aréoles et mamelons ne soient plus centrés harmonieusement.

Alors oui, habillée cela « passe » mieux, la silhouette est la plupart du temps améliorée, et je pense que c’est surtout cela que recherchent les femmes ayant recours à la chirurgie, mais c’est du trompe-l’œil !

Les implants mammaires peuvent se trouver devant ou derrière les muscles de la poitrine - Source : inconnue Source : inconnue
Les implants mammaires peuvent se trouver devant ou derrière les muscles de la poitrine

Je dois avouer que le plus étonnant est qu’au toucher la différence n’est pas vraiment notable... Ceci est dû au fait que beaucoup de prothèses mammaires sont insérées sous les muscles de la poitrine.

En parlant de « toucher », parlons des caresses. La sensibilité des aréoles et mamelons peut être moindre, vu qu’ils sont souvent découpés et relocalisés sur la poitrine lors de l’opération : les terminaisons nerveuses peuvent ne pas se reconstituer complètement.

La chirurgie esthétique des seins impose de découper l’aréole pour la repositionner - Source : inconnue Source : inconnue
La chirurgie esthétique des seins impose de découper l’aréole pour la repositionner


Au-delà de l’aspect physique, de véritables risques sont à considérer : substances cancérogènes dans certaines prothèses, « fuite » des poches en silicone, complications post-opératoires, déplacement accidentel (migration) de la prothèse rendant la poitrine dissymétrique... Il suffit d’aller traîner un peu sur internet pour se faire bien peur.

Il faut aussi se dire qu’une anesthésie générale comporte toujours le risque de ne pas se réveiller !

Est-ce que le potentiel prix à payer (outre l’aspect financier) n’est pas un peu fort, comparé au gain ?

Réfléchissez bien avant de vous lancer.


● Le cas particulier de l’augmentation mammaire inutile

Par « augmentation mammaire inutile », je veux parler des femmes qui n’ont pas besoin d’avoir une poitrine plus forte, mais qui choisissent tout de même de le faire.

A part les actrices porno qui sont quasiment obligées d’en passer par là, il s’agit souvent de femmes qui ont des déficits psychologiques ou affectifs, qui peuvent être divers : refus de vieillir, estime de soi, sous-évaluation de l’impact réel de leur apparence sur l’effet de séduction induit, vision idéalisée, soumission aux désirs de leur conjoint, la liste est longue.

Un aspect plus effrayant, mais qui ne concerne heureusement qu’une petite partie des candidates à l’augmentation mammaire inutiles : le syndrome connu sous le nom de dysmorphophobie. Certaines femmes portent une attention exagérée - souvent infondée – sur leurs défauts physiques, et certaines finissent par considérer la chirurgie esthétique comme une solution miracle.

Malheureusement, les résultats ne font souvent qu’enfermer les patientes dans une quête de perfection interminable, frustrante... et de plus en plus dangereuse aussi bien au niveau physique que mental, car c’est un véritable cercle vicieux qui se met en place.

Un exemple qui m’avait fait de la peine à l’époque, est celui de Lolo Ferrari. Menée par le bout du nez par son homme, elle a battu le record du monde de plus grosse poitrine, est passée un moment par l’industrie du X, pour finir « suicidée ». Je la trouvais monstrueuse avec sa bouche siliconée et ses « ballons de football », et pourtant elle était touchante à sa manière, car on voyait bien qu’elle cherchait avant tout à attirer l’attention.

Lolo Ferrari, célèbre exemple de chirurgie esthétique extrême et tragique - Source : inconnue Source : inconnue
Lolo Ferrari, célèbre exemple de chirurgie esthétique extrême et tragique


● Les effets secondaires inattendus

Après une opération chirurgicale réussie, avec une confiance en soi retrouvée, les femmes n’imaginent pas à quel point leur quotidien peut changer.

L’attitude générale envers les autres peut s’en retrouver modifiée. Certaines femmes basculent vers le côté obscur de la beauté, c’est à dire un excès de confiance en soi. Adoptant une attitude hautaine, elles se font détester par les autres femmes non seulement pour leur (beau ?) physique, mais aussi pour leur changement de personnalité. Bref tout ce que l’on déteste chez une « chipie » !

Mari-Anne-Lyn (démon) © AbsurdePhoton © AbsurdePhoton
Mari-Anne-Lyn (démon)


Deuxième effet sans aller aussi loin que le point précédent : une meilleure confiance en soi peut modifier radicalement l’aspect général du corps : outre le plus gros volume mammaire, on peut constater un redressement de la silhouette, une démarche et une attitude plus assurées. Et c’est souvent cela, la clef de la séduction, ce petit quelque chose en plus qui attire les hommes. Résultat : plus de mâles qui s’intéressent à vous, et donc forcément aussi plus de lourdeaux de mecs qui vous font des propositions honnêtes ou pas.

Pervers Pépère © Marcel Gotlib © Marcel Gotlib
Pervers Pépère

Une femme ayant réalisé une implantation mammaire ou une réduction de poitrine ne se rend pas forcément compte qu’elle peut soudain se retrouver propulsée dans un rôle à l’opposé de ce qu’elle connaissait avant. Et cela peut même devenir traumatisant.


Enfin, et c’est beaucoup moins drôle, le taux de suicide augmenterait de 73% chez les femmes ayant eu recours à un implant mammaire pour améliorer leur aspect physique uniquement. C’est une des découvertes d’équipes au Québec ayant mené une grande enquête de 14 ans s’étant terminée en 2006.


■ Le mot final d’AbsurdePhoton

En corrélation (un peu) avec les canons de beauté, nous avons vu que les femmes, par rapport à leur poitrine ou celle des autres, ont des sentiments et comportements qui vont dans l’ensemble dans le même sens :

  • Avoir la plus belle poitrine possible semble important pour être belle et désirable - il s’agit d’un mélange complexe de désir de conformité, de séduction, de frustration, et parfois de déformation de la réalité
  • On constate souvent une sur-estimation de ce que préfèrent les hommes
  • L’effet d’une belle poitrine sur le sexe opposé est par contre bien établi et compris !
  • La chirurgie esthétique n’est pas forcément une solution... mais tout peut très bien se passer aussi si la décision est prise en toute conscience


Au lieu de rêver à ce que vous n’avez pas (ou trop), apprenez plutôt à vous aimer comme vous êtes : parce que nous, les hommes, nous ne désirons pas forcément côtoyer de belles poupées en plastique...

La plupart des hommes ne désirent pas une poupée en plastique... - Source : inconnue Source : inconnue
La plupart des hommes ne désirent pas une poupée en plastique...


D’ailleurs, vous pouvez essayer de me convaincre de combien vous pouvez être désirable, en Poser pour le photographe AbsurdePhotonposant pour AbsurdePhoton [ou comment profiter de la situation pour faire sa propre promotion !]