Êtes-vous photogénique ?


Êtes-vous photogénique ? Êtes-vous photogénique ? Résumé - Découvrez pourquoi certaines personnes sont photogéniques et d'autres pas. Comment faire pour devenir plus photogénique ? Thèmes  :  Beauté Beauté Conseil Conseil Modèle Modèle Photo Photo Photographe Photographe Poser Poser

Sommaire



Imprimez - Téléchargez - Partagez cet article
Version imprimable de l'article Version PDF de l'article RSS Twitter Facebook Google+ Pinterest Tumblr e-mail

Dans un autre article, j’expliquais que tout le monde peut poser pour un photographe... mais cela ne prenait pas en compte un autre paramètre, plutôt important.

Avez-vous remarqué que certaines personnes « rendent bien » sur quasiment toutes les photos, alors que pour d’autres elles seront immanquablement ratées ?

Êtes-vous photogénique ?

Si la réponse est « non », est-ce irrémédiable ?


Qu’est-ce qu’être photogénique en photographie ?

Le titre de mon site, cela ne vous aura pas échappé, est un jeu de mot jonglant entre le terme « photogénique » et les « photons » qui composent la lumière, si utile aux photographes. Je suis moi-même un peu Absurde... mais je m’égare.


Définition de « photogénique »

Photogénique :

  • Qui produit, au cinéma, en photographie, un effet supérieur à l’effet produit au naturel [Google]
  • Qui produit un effet agréable en photographie, au cinéma [Larousse]
  • Dont l’image photographique est de bonne qualité ou flatteuse [Reverso]
  • Qui produit, en photographie ou au cinéma, un certain effet poétique et esthétique révélé et amplifié par l’image [CNRTL]

Les explications convergent : la qualité de photogénique confine à la beauté, au supérieur. Certains parlent de charisme, d’autres comme moi préfèrent le terme de « charme ».

Une personne photogénique est donc « belle » et a ce quelque chose de plus que les autres.


Mon expérience de photographe sur la photogénie

D’après mon expérience de photographe, on peut tout de même nuancer ces propos, car le vécu d’une séance photo se vit des deux côtés de l’appareil photo.

  • ce ne sont pas toujours les personnes les plus belles dans la vie courante qui « passent » le mieux en photo.
Taquine © AbsurdePhoton © AbsurdePhoton
Taquine

Il m’est arrivé de photographier de belles femmes pour finalement être déçu du résultat. Au contraire, certaines personnes plus « moyennes » avaient finalement ce petit « plus » qui rendait la photo attractive.

  • Un simple détail peut changer la perception d’une photo : un petit sourire en coin, un œil malicieux, un bras qui repose nonchalamment sur une hanche...

Une fraction de seconde avant, la photo est juste bonne, la suivante elle est géniale !


Peut-on trouver une explication à tout cela ?

  • Un facteur à ne pas négliger : ne pas oublier que les photographes trichent - angle de vue, éclairage, focale qui déforme le sujet, tout est bon pour mettre en valeur un modèle !
    Natalie Dormer de la série Game of Thrones est bien connue pour sa bouche légèrement en coin - Source : inconnue Source : inconnue
    Natalie Dormer de la série Game of Thrones est bien connue pour sa bouche légèrement en coin
  • Un autre facteur tout aussi important : si je trouve la modèle belle, je vais essayer de capturer ses meilleurs moments : la bonne attitude, un regard en coin qui pétille, une bouche entrouverte, une langue tirée, bref cet instant magique qui ne dure effectivement qu’une fraction de seconde et qu’il ne faut pas rater !

Rationalisation du facteur photogénique

Comme d’habitude, nous allons faire un tour du côté de la recherche scientifique, sans oublier l’aspect émotionnel, presque impalpable !

L’effet de simple exposition

Il y a bien sûr des facteurs individuels, culturels, très subjectifs et liés au passé, qui entrent [...] en compte. On recherche évidemment des indicateurs de qualité dans un visage, comme l’âge par exemple. Il y a des facteurs génétiques, aussi. Mais au-delà de ça, une raison plus scientifique pourrait aussi déterminer notre attirance.

— Julien Renoult

Qui est donc ce Julien Renoult ? Chercheur au CNRS, Il a publié une étude (en anglais) sur la beauté avec ses collègues Jeanne Bovet et Michel Raymond, dont la conclusion est aussi simple qu’intuitive.

La théorie du « codage efficace » peut expliquer notre rapport à la beauté dans l’art : « ce que l’on trouve beau, c’est une information visuelle facile à coder pour notre cerveau. C’est ce qui consomme peu d’énergie et mobilise peu de neurones. »

Un visage moyen de femme toutes races confondues - montage © AbsurdePhoton © AbsurdePhoton
Un visage moyen de femme toutes races confondues - montage

En bons scientifiques, cette théorie a été mise à l’épreuve : 200 hommes ont évalué des photos de visages de femmes. Les chercheurs ont ensuite « modélisé le fonctionnement d’une petite partie du cerveau, celle qui reçoit directement l’information des yeux. Je pouvais ainsi estimer à partir d’une photo le nombre de neurones qu’il fallait activer pour pouvoir traiter l’information visuelle qui arrivait. »

Je me suis aperçu, par l’intermédiaire de ce réseau artificiel de neurones, que plus les visages étaient bien notés et donc attractifs, moins leur image activait de neurones [...]

Au vu des résultats, un homme préférera naturellement des femmes aux visages simples, plutôt arrondis, avec des lignes continues, des traits réguliers, des courbures fines. Moins la peau d’une femme sera granuleuse, plus son visage sera « codé » efficacement par le cerveau. [...]

Je pense que ce modèle et cette théorie du codage efficace ne contribuent qu’à environ 10 à 15 % de notre jugement de l’attractivité. Il y a plein d’autres mécanismes et d’autres facteurs…

Voici une explication qui rejoint l’effet du « visage moyen » dans la perception de la beauté !


L’effet de l’image figée

Vous faites une pause pendant un film, jetez un œil sur l’écran... et vous vous esclaffez. La personne, figée en plein milieu d’une mimique du visage, est tout bonnement ridicule.

La fameuse Mona Lisa  - Musée du Louvre, Paris (ↄ) Leonardo Da Vinci (ↄ) Leonardo Da Vinci
La fameuse Mona Lisa - Musée du Louvre, Paris

L’effet de l’« image figée » (article en anglais) se retrouve aussi dans la photographie. La vision humaine est décodée par le cerveau, qui filtre une série d’images pour en produire une seule et même image mouvante. Stoppez ce mouvement, et vous obtenez un « mauvais échantillonnage des expressions faciales ».

Un souvenir littéraire illustre parfaitement ce concept. Dans la nouvelle "Le nouvel accélérateur", H.G. Wells décrit une potion découverte par le professeur Gibberne, qui accélère grandement les mouvements de l’expérimentateur. A un moment, il parcourt la ville au milieu des gens figés dans leurs mouvements. Il peut ainsi observer de près un homme en train de faire un clin d’œil à des dames :

Une œillade étudiée avec tout le loisir dont nous disposions est fort peu attrayante, elle perd tout son caractère d’alerte gaieté : on remarque que l’œil qui cligne ne se ferme pas complètement et, sous la paupière, apparaît le bas de l’iris avec une mince ligne de blanc.
– Que le ciel m’accorde de la mémoire, me promis-je, et je ne lancerai plus d’œillades.

En 1901, l’auteur imaginait déjà l’effet de l’image figée !


L’effet inattendu d’un miroir

Nous allons parler ici de la perception de votre propre image comparée à celle des gens qui vous entourent.

Est-ce bien vous ? - Femme au miroir -  Metropolitan Museum of Art (ↄ) Frederick Carl Frieseke (ↄ) Frederick Carl Frieseke
Est-ce bien vous ? - Femme au miroir - Metropolitan Museum of Art

Premièrement, l’image mentale que vous construisez de vous-même est déformée. En effet, vous vous regardez tous les matins dans un miroir quand vous vous préparez. Vous êtes habituée à ce reflet inversé, qui devient la représentation principale de votre propre apparence.

Deuxièmement, on a tendance à se trouver plus beau dans le miroir qu’on ne l’est en réalité, comme tend à montrer cette étude (en anglais).

Or, lorsque vous regardez une photo de vous-même, elle vous représente comme les autres vous voient, et pas comme vous avez l’habitude. Cette différence entre l’habitude et la réalité peut s’expliquer par l’effet de simple exposition : votre cerveau met plus de temps à décoder ce dont il n’a pas l’habitude.

Ceci explique que la plupart des gens n’aiment pas se voir en photo, car pour eux il y a une différence inconsciente et dérangeante ! Et les autres vous voient bien à l’endroit...


La pression sociale

Un autre terme que je pourrais employer à la place de « pression sociale » est « les canons de beauté ».

Ooo girl - (ↄ) Kimber Leigh DePuy (ↄ) Kimber Leigh DePuy
Ooo girl

Dans les médias, les magazines, sur internet, on vous (re)présente des femmes habillées « comme ci », et il faut être « comme cela » et se maquiller « de cette manière ». Des jeunes filles se photographient avec la bouche en cul-de-poule sur des selfies qui reproduisent les poses prises par d’autres. Sacrée Marilyn !

Sortez du moule et les autres vous perçoivent comme un peu ringarde. Pas facile d’être une femme qui s’accepte à notre époque.

Notre perception d’une photographie s’appuie aussi sur les références culturelles, et les canons de beauté en font partie.


Détendez-vous !

Les effets de la crispation

Pour toutes les raisons évoquées précédemment, certaines personnes ne se trouvent pas photogéniques. Elles deviennent par la force de l’habitude réfractaires à la photographie, car elles savent que « de toute façon je serai moche sur la photo ».

Détail de la photo officielle de Michelle Obama, pas du tout naturelle car un peu crispée - Source : Wikimedia (photo Chuck Kennedy) Source : Wikimedia (photo Chuck Kennedy)
Détail de la photo officielle de Michelle Obama, pas du tout naturelle car un peu crispée

Ces femmes deviennent alors leur propre ennemi, et c’est un cercle vicieux : « je sais que je serai moche sur la photo, alors pas la peine de faire un effort ». En ne faisant pas d’effort, voire en accentuant inconsciemment l’effet, elles se « crispent » d’une manière ou d’une autre : une expression figée, ou elles ferment les yeux lorsqu’elles entendent le déclenchement de l’appareil photo (c’est du vécu !), ou font des grimaces, etc.

— Et forcément la photo est ratée. Ce constat renforce la certitude de manque de photogénie, et la boucle est bouclée.

Vous l’aurez compris, car je vous ai moi-même amené à cette conclusion :

Si vous êtes certaine que la photo sera ratée parce que vous y figurez... elle le sera immanquablement.

— AbsurdePhoton, appliquant la Loi de Murphy


Les « trucs » du photographe pour vous aider à être photogénique

La logique veut donc que pour obtenir une belle photo vous représentant, vous ne soyez pas / plus crispée lorsque le photographe appuie sur le bouton.

Un photographe n’est pas un magicien ! - Bill Bixby dans la série The Magician - Source : Wikimedia Source : Wikimedia
Un photographe n’est pas un magicien ! - Bill Bixby dans la série The Magician

Comme un bègue qui ne bégaie plus lorsqu’il chante parce qu’il pense à autre chose qu’à ne pas bégayer (véridique), essayez de trouver le bon état d’esprit.

Facile à dire, mais plus difficile à mettre en pratique ! Il faut que vous puissiez oublier l’image mentale que vous avez de vous-même lorsque vous êtes photographiée, oublier ce (très probable) sentiment d’échec.

J’ai moi-même des « trucs » pour détendre une modèle qui pose, et qui a du mal à oublier qu’elle ne se sent « pas belle » :

  • je la mets en confiance par mon attitude : respect, politesse, un air professionnel alors que parfois moi-même je n’en mène pas large...
  • je balance des blagues qui les font rire, quitte à me rendre moi-même ridicule
    La personnalité du modèle est très importante en photographie - ’’Prisonnière’’ © AbsurdePhoton © AbsurdePhoton
    La personnalité du modèle est très importante en photographie - ’’Prisonnière’’
  • dans les cas plus graves, je leur demande de « faire la petite fille de 4 ans » : en gros, faire la folle comme pourrait le faire une petite enfant. Si la modèle se prête véritablement au jeu, la plupart du temps j’obtiens des miracles

Tout ceci contribue à détendre l’atmosphère, et à un moment la modèle oublie un instant qu’elle n’est pas photogénique... et là je déclenche l’appareil photo.

Vous seriez surprise de voir à quel point ça fonctionne ! Quand j’ai un bon cliché, je le montre à la pauvre demoiselle en lui disant : « regarde celle-là tu es géniale dessus ! » — et oui, effectivement, la photo est bonne. La modèle reprend confiance en elle (un peu). On recommence le traitement... deuxième, puis troisième, puis X photos plus tard j’ai en face de moi une personne qui a reconquis son image et sa confiance en elle, et qui est devenue photogénique.

  • Je n’ai pas de baguette magique : il faut parfois plus d’une séance pour que la conscience photogénique d’une modèle se construise !
  • Cette construction se fait à deux : si vous n’êtes pas un minimum réceptive et ouverte, cela ne fonctionnera pas.


(Étonnamment ?) cela fonctionne aussi pour le nu artistique...


Le mot final d’AbsurdePhoton

Être photogénique ou pas, ce n’est finalement pas un fait irrémédiable : guidée par un photographe qui sait y faire, vous vous rendrez compte que vous aussi vous pouvez poser en étant photogénique sur des photographies, et les gens qui les admireront seront bien forcés de le reconnaître.

Si vous ne me croyez pas, si vous pensez être un cas désespéré, et même si vous êtes déjà photogénique : essayez de poser pour moi !

Je ne ressemble pas à Halle Berry. Mais il y a de fortes chances qu'elle finira par me ressembler.

Whoopi Goldberg

Ajoutez votre commentaire ici

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?





Imprimez - Téléchargez - Partagez cet article
Version imprimable de l'article Version PDF de l'article RSS Twitter Facebook Google+ Pinterest Tumblr e-mail

Thèmes  :  Beauté Beauté Conseil Conseil Modèle Modèle Photo Photo Photographe Photographe Poser Poser
© 2016-2018 AbsurdePhoton  Info